L’apprentissage de la mort

Publié: 06/06/2010 dans Autour des reflexions des enfants

Pendant nos vacances en Thailande, Eliott avait ete « subjugue » par un chien mort. On etait retourne le regarder, l’observer, se poser des questions et surtout y repondre. Comprendre le processus naturel de « ce qu’on devient une fois qu’on est mort ».

Rebelote pour un 2eme chien mort.

Cette « anecdote » est une des premieres qu’il raconte lorsqu’il parle de la Thailande (« et moi j’ai eu peur d’un chien » rajoute Hanae…).

Je n’ai pas pris le temps de montrer le dessin qu’il a fait 2 semaines apres notre retour, tout seul, sans aucune aide ni reflexion de ma part (je ne savais meme pas qu’il dessinait):

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« Le renard mort » (il a voulu l’ecrire lui-meme, j’aime cette liberte d’ecriture, c’est tellement innocent), tout gonfle et les 4 pattes en l’air, « frappe par une boule de feu » (le concept de « boule de feu » doit venir directement de Kung Fu Panda je pense 🙂 et dans les fleurs svp (petits feutres tampons Ikea)

On regarde aussi souvent, tous les 4 (meme si Hanae est moins assidue), les fantastiques documentaires « Planet Earth » et« Life » qu’on vient d’acheter (rhooo,  on l’a achete chez Carrefour et il est meme pas encore sorti sur Amazon !!). Eliott les prefere meme aux dessins animes !

J’insiste sur le « on », car toujours on reste avec lui pour regarder : de toute maniere on n’a pas le choix il passe son temps a poser des questions !!

Et forcement, comme on parle de la Vie, on parle et on voit la Mort… Les animaux qui se font manger, dans les airs, sur la terre, sous la mer… Les questions fusent et on sent que ce questionnement est VRAIMENT profond et essentiel pour lui.

(Bref si vous voulez montrer des documentaires a vos enfants, oubliez tous les autres et foncer acheter ceux-la les yeux fermes). Le nouveau « Life » est encore un vrai bijou, avec des images a vous faire tomber du canape.

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Je me suis dit, que, vue la societe dans laquelle on vit, paralysee par les tabous et le « politiquement correct », certaines personnes passant par ici s’etaient dit que montrer ainsi la mort a un enfant de 4 ans devait etre un acte irresponsable de la part d’un parent, ou alors devait relever d’un simple voyeurisme morbide ? (voire les 2…)

Je me bats un peu trop souvent a mon gout contre les prejuges, les reflexions toutes faites et autres formes d’intolerance, la plupart du temps lies a l’ignorance. Ignorance coupable ou ignorance naive, mais ignorance tout de meme.

Je ne me pretends pas « meilleure » en disant cela, je tente simplement de trouver pour moi, tous les jours, un meilleur chemin pour progresser dans ce monde. Et de le transmettre a mes enfants. Pour que leur chemin soit aussi moins sombre et moins triste.

Plus « eclaire » comme on disait au Siecle des Lumieres 🙂

Et il se trouve que sur ce chemin, fait de reflexions et de lectures, je suis tombee sur ce condense de these sur la « thanatoeducologie » (joli mot).

Alors comme il serait totalement paradoxal de garder ca pour moi, je vous le fais partager :

Le fait de s’éduquer à la mort, c’est :

1) Un acte préventif. La mort abordée à l’école est une action préventive soit en amont des difficultés existentielles ou soit par l’accompagnement d’enfants endeuillés

2) Un acte social. Toutes les personnes qui réfléchissent sur la notion de mort pensent au lien et méditent sur le concept d’attachement.

3) Un acte existentiel. Parler de la mort dans les écoles permet aux enfants de donner sens à la vie, à la mort et de respecter le vivant. L’enfant qui a la possibilité de s’exprimer sur le sujet de la mort, peut comprendre l’irréversibilité de la mort et la fragilité de l’espèce vivante (acte de prévention envers la violence). L’enfant pourrait sans doute acquérir une maturation de meilleure qualité vis-à-vis de la mort, s’il ne vivait pas dans un monde paradoxal où, d’un coté, il s’éveille plus vite par des acquisitions intellectuelles sur des notions universelles (telles l’amour, l’existence ou la sexualité), et d’un autre côté, la mort et le deuil restent des tabous collectifs ;

4) Un soutien pour la vie. Il est également important de signaler que, pour qu’un enfant puisse faire un travail de deuil, il doit avoir une certaine idée de la mort et se soumettre à la réalité des faits

5) Une évolution intellectuelle et culturelle. Dans nos cultures occidentales, nous constatons que l’acquisition chez les enfants de la notion de l’inconnu de la mort s’intègre généralement très tard parce qu’ils n’ont probablement pas suffisamment la possibilité de parler de l’après vie

6) Un élargissement des connaissances. Les enfants sont dans la nécessité d’obtenir satisfaction à leurs besoins existentiels.

7) Un accompagnement éducatif. Les enfants ont besoin d’un accompagnement dans leur questionnement face à la mort et à la vie, afin de faire émerger leur pensée existentielle ;

8) Un moyen d’expression. Généralement, la société se représente les concepts de la vie et de la mort par l’intermédiaire des  » émotions médiatiques « , et les médias réutilisent la peur de la collectivité face à la mort. En s’exprimant face à la vie et face à la mort, les enfants peuvent réfléchir davantage aux conditionnements reçus par la société ;

9) Une acceptation envers le mourir. S’exprimer face à la mort, c’est faire un pas pour l’accepter et donc intégrer une qualité de vie ;

10) Un moyen d’améliorer l’apprentissage scolaire. L’enfant arrive à parler de lui à travers ses propres émotions et s’implique davantage afin de transmettre au groupe une partie de ses connaissances sur le sujet de la mort.

La c’est Rene Barbier, le directeur de these, qui parle :

Réaliser la confrontation entre ces interrogations hypothétiques et le terrain n’était pas sans problèmes. Je suis suffisamment lucide pour savoir que la question de la mort demeure, avec la question de la spiritualité, le dernier tabou infranchissable en sciences de l’éducation.

Il saute aux yeux alors que les enfants ont besoin de parler lorsque les adultes, les maîtres, acceptent de leur : laisser la parole. La mort n’est un sujet tabou que chez les adultes soi-disant éducateurs. Les enfants l’abordent directement, avec leur imaginaire et souvent avec une profonde lucidité (…)

Tu m’etonnes…

Cet extrait est tire de ce texte de Marie-Ange Abras, que je ne peux que vous pousser a lire en entier

et tant que vous y etes, passez vos 3 prochaines soirees a decouvrir ce site en large et en travers, il a bp de choses a faire partager aussi…

Je terminerai sur une petite phrase qui m’a vraiment plu :

« Amener les enfants à réfléchir sur l’existence parce qu’ils sont conditionnés par la peur des adultes »

* Si cette blague vous a fait sourire (ou meme rire), bravo, vous avez le meme humour que moi…

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