Pegagogie des 3 consciences, de Rene Barbier

Publié: 16/06/2010 dans Pedagogies dites "alternatives"

Rien d’extremement complexe, qu’on se rassure… mais par contre, du tres interessant que j’aimerais partager ici :

Je passe beaucoup de mon temps de lecture sur le site de Rene Barbier, dont les recherches tournent (entre autre) autour des notions de conscience de soi, de relation au monde, d’education. Et je suis tombee sur cet article concernant la pedagogie, ou plutot les pedagogies.

Ca m’ a evidemment remis en tete pas mal de questionnements sur l’Education Nationale traditionnelle et les pedagogies dites « alternatives »…

Extraits choisis :

Trois types de pédagogies sont en rapport avec la dynamique des trois états de conscience


- Une pédagogie centrée sur la tradition pour la conscience aveugle


- Une pédagogie centrée sur l’autonomie pour la conscience tragique


- Une pédagogie centrée sur l’autorisation noétique pour la conscience noétique. Je n’en parlerai pas ici.

« Simplement parce qu’il n’existe aucun maître extérieur à soi-même pour nous indiquer les moyens d’y parvenir.

Certes, en Orient, des êtres ayant atteint un haut degré de conscience noétique sont appelés « maîtres spirituels ». Ils n’enseignent pas, ils se contentent de vivre, d’être présents au monde et aux autres.

Mais, ils ne proposent aucun « truc », aucune technique, aucune drogue, aucun rituel a priori, aucune prière ou mantra (pour les plus rigoureux). Ils nous renvoient toujours à nous-mêmes, à notre propre « moi » dont chacun doit découvrir la non-substantialité. »

C’est passionnant, mais ca n’est pas l’objet de ce blog, et ca ne pourrait etre resume en un message… Si ca vous interesse, je vous invite a lire cette presentation de these, sur « l’autorisation noetique » et un extrait de la-dite these, a travers les experiences de Jung, Krishnamurti et Aurobindo.

(+ prosaiquement, il parait que ca fait l’objet du dernier livre de Dan Brown…?)

* La pedagogie traditionnelle = la conscience aveugle

C’est l’état d’esprit de l’individu qui reste, inconsciemment et consciemment, inscrit dans ses habitudes de pensées héritées de son milieu, familial, social, culturel, de son territoire, de sa nation.

Il représente l’ « homme fermé », masculin ou féminin, qui ne veut pas voir plus loin que la frontière de ses préjugés. Tout, dans sa vie, se cristallise autour de l’idée de sécurité. Il suit les règles, les procédures, les rituels, sans broncher. Il est, par excellence, l’homme de la tradition. Il ne sait pas écouter l’autre.

Ses idéaux explicites, toujours très « purs », cachent des désirs et des intérêts inavoués ou inconscients.

La conscience aveugle n’aime pas l’incertitude, le mouvant, le contradictoire. Elle préfère suivre des voies tracées depuis des générations et se référer à des figures d’autorité. Elle s’inscrit donc dans une pédagogie de la tradition.

Nous appelerons « pédagogie traditionnelle », celle qui proclame :


- l’autorité savante et morale incontestable du « maître » à l’égard de l’élève qui lui doit obéissance.

- la référence absolue à un savoir légitime à transmettre coûte que coûte

- l’imposition de méthodes pédagogiques essentiellement fondées sur le rapport direct du maître à l’élève

- Une organisation pédagogique centrée sur l’individu abstrait (l’élève) dans un collectif relativement anonyme (la classe), plus que sur une personne dans une équipe de travail.

- Une mémorisation systématique d’un contenu des connaissances hiérarchisées (programme).

- Un système très contrôlé et quantitatif (notation) d’acquisition des connaissances.

- Un parti pris de méfiance à l’égard de l’élève considéré comme un « pervers polymorphe » (Freud), ou un petit animal sauvage, dont il s’agit de freiner les pulsions, pour le bien de la société.

- un imaginaire de la pâte à modeler (l’enfant est une masse d’argile que l’enseignant sculpteur va « former »)

Si ca vous rappelle vos annees de scolarisation, levez la main…

* La pegagogie de l’autonomie : la conscience tragique

L’être de la conscience tragique entre, de plain pied, dans l’existence. Plus que tout autre il éprouve une conscience aiguë de la finitude, de la mort, de l’instant qui passe.

Ouvert aux autres, à la découverte des cultures multiples, il se rend compte de la relativité des idéaux de vie, des systèmes collectifs d’existence. Il vit pleinement le sentiment de liberté, en même temps que celui d’angoisse.

Dans sa version pessimiste, l’être de la conscience tragique devient vite hautain, méprisant, sombre. Il peut faire un remarquable homme politique dans une époque au conformisme acritique.

Réfléchir et se démarquer de ses conditionnements familiaux, sociaux, culturels, imposent une certaine souffrance et une lucidité sur les limites d’une telle entreprise.  Porté par la dynamique de l’existence, il en connaît toutes les ambivalences, les équivocités, la complexité. Mais il soutient également la nécessité de choisir et de décider, dans une discussion permanente avec autrui. L’autonomie – la création de ses propres normes – ne va pas sans la confrontation avec le monde et sans une conscience supérieure qui régularise les instincts trop personnels. Le tragique survient lorsque nous pressentons que nous ne pouvons faire autrement que de suivre une certaine conduite.

La pédagogie de l’autonomie s’appuie sur quelques principes simples :


- Le respect et la confiance a priori de l’élève dans sa singularité.

- La possibilité de croissance intellectuelle et morale de l’élève

- Une organisation souple des études. Les programmes doivent tenir compte de la personnalité et du rythme de chaque élève et de chaque équipe de travail.

- L’enseignant est, avant tout, un facilitateur d’apprentissage. Ses qualités d’animateur de groupe n’excluent pas pour autant ses capacités à donner de l’information, des éclairages, des conseils, des expertises.

- Le travail des élèves privilégie l’équipe, la coopération, l’entraide.

- L’évaluation (sur le sens et le processus de l’apprentissage) est préférée au contrôle (sur ce qui est retenu en fonction d’une référence immuable).

- l’intérêt du savoir se déplace de la classe, au monde social (par des échanges scolaires dans la pédagogie Freinet, des visites sur le terrain, des intervenants issus du milieu économique, intellectuel, culturel)

Je crois retrouver dans cette seconde pedagogie toutes les composantes des pedagogies considerees comme « alternatives » par la Sacro-sainte Education Nationale…

Anonymat, gavage de connaissances, controles et autorite contre respect, souplesse, confiance et personnalisation.

Bien nombreux sont ceux qui vont me repondre que prendre chaque eleve individuellement est mission impossible au sein d’une education generalisee comme elle existe aujourd’hui. Bien sur. Je n’ai jamais dit que c’etait simple ni meme realisable !

Mais pour reprendre une expression bien traditionnelle, faut-il pour autant jeter bebe avec l’eau du bain ? (quelle expression vraiment atroce…)

Ce n’est pas tout ou rien !! Ca ne devrait pas l’etre !!

Je ne veux PAS que mes enfants se perdent en route comme j’ai pu le faire moi-meme, je ne veux pas qu’ils se cognent contre les murs par manque de lumiere.

Je ne veux pas que ce que je fais pour eux, l’ecole le defasse apres moi…


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