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SUR LE BORD DU MONDE

Sur le bord du monde il y a des enfants qui marchent
Ils sont fragiles et doux comme des agneaux que le loup va dévorer
Et voici que viennent des troupeaux
De télévisions
D’instituteurs
D’endoctrineurs
De pères de mères qui ne les écoutent pas
Qui les ont faits par hasard
On ne sait pas trop pourquoi
Et l’enfant fragile est perdu
Il se perd dans la mer de la raison raisonnante
Il n’aspire plus à être lui-même
Sur le bord du monde marchent des enfants
Il ne faut presque rien
Pour qu’ils tombent dans l’abîme
Précipités hors d’eux-mêmes

Julos Beaucarne (1976)

Je ne connaissais pas Julos Beaucarne avant de tomber sur ce poème.

Il a l’air d’avoir été posé là, sur mon chemin. Il se posera peut-être sur le votre.

Fin 2008 – Plage de Trestignel

Le sujet m’intéresse beaucoup, puisque je tiens à faire une sélection drastique de ce qui passe devant les yeux de mes petits d’hommes.

Ce petit livre de poche paru chez Pocket est vraiment très intéressant, et très bien écrit : l’auteure y décrit les fonctionnements de l’enfant, et analyse les effets des dessins animés sur leur cerveau en developpement, leurs émotions, leurs comportements… A la fin du livre elle passe au banc d’essai 22 dessins animés. Le livre date de 2001, donc il manque tous les films récents, mais on y retrouve les classiques, bons ou néfastes (les Walt Disney, Kirikou…), ainsi que les premiers animés-série, comme les Pokemon et les Digimon.

La palme du bon ? Kirikou… Ca tombe bien, on adore !

La palme du néfaste ? Pokémon… (et consorts)

Je vous laisse découvrir le livre pour rentrer plus en détails, c’est vraiment le genre d’ouvrage que TOUT PARENT devrait lire…C’est, je pense, fondamental de connaître les fonctionnements de son enfant, les mécanismes sous-jacent à toute oeuvre de fiction, et la la façon dont les réalisateurs travaillent à scotcher nos bambins devant leur écran…

***

Comme je l’ai déjà dit, nous n’avons pas pris la télé à Dubai : nous avons l' »objet » télé, mais pas les chaînes. D’ailleurs en France on devrait aussi avoir le choix : ça éviterait aux familles comme nous de devoir payer la redevance télé pour des programmes qu’elles ne regardent pas !!

Les dessins animés à la télé, à la chaîne, c’est chez Papy et Mamie pendant les vacances, et c’est à l’hôtel : c’est un bonus, un truc « hors temps », c’est comme la sucette chez les grands-parents…

Le reste du temps, ils ne la réclament pas, et c’est tant mieux ! Nous avons sélectionné suffisamment de films pour les laisser rêver et développer leur imaginaire en « toute sécurité », et de façon contrôlée : les grands succès en ce moment, vus et revus, depuis quelques mois, sont « l’âge de glace 3 », « Kirikou et les bêtes sauvages » (Caraba la sorcière leur fait encore trop peur dans le 1er), « Frère des ours », « Totoro », « Kung Fu Panda »…

« Bambi » marche aussi très bien, même si je le trouve super vieillot au niveau des musiques, et ce générique de début mortellement long ! Mais il plaît tjs autant parce qu’il fait appel à l’angoisse de la séparation (à travers la mort de la mère), à la résilience, au cycle de la vie… D’ailleurs l’auteure le compare au Roi Lion.

Je pense qu’il est essentiel de comprendre et de saisir les sujets de fond des films pour enfants, leurs implications inconscientes sur un subconscient en formation, et de savoir comment et pourquoi les enfants ont besoin de revoir, en boucle, certains passages, certains films…

Il reste des « classiques », comme Pingu, qui est vraiment excellent, et un petit bijou que je vous incite à découvrir, Komaneko (clic) !

Un petit extrait sur Youtube :

On a acheté le DVD, et on aime beaucoup… c’est mignon, c’est trognon, c’est super gentil, et c’est super créatif ! Et puis ça fait un peu peur aussi… mais ça se termine tellement bien ! On a envie de faire comme ce petit chat qui se créé son monde tout seul, en feutrine et tissu… Il ne parle qu’en miaulant, et en lançant des petits « Gniaaaaa », alors le seul bémol c’est : Hanaé qui n’a plus parlé que comme ça pendant… un certain temps, grrrrrrr

Sinon certains dessins animés classiques leur font VRAIMENT peur : « Blanche Neige » par exemple ! Ils ont été traumatisés l’année dernière par la scène de la forêt et la musique qui l’accompagne…

L’auteure parle d’ailleurs de Pingu dans son livre, et de l’importance des représentations « animistes » (genre Toy Story), ou animales, du besoin des enfants de se reconnaitre dans un personnage qui agit comme eux, qui a la même relation qu’eux à ses parents… Une sorte de double, qui vit leur vie, ce qui les rassure, et peut aussi vivre des situations angoissantes à leur place…

Quid des dessins animés à la chaîne de la télévision ? Elle pose des mots juste sur ce que je ressens, et ce pourquoi je n’en veux pas pour eux :

* ni debut ni fin, l’impossibilité de se construire un temps linéaire : « ni avant ni après, similaires et intemporels » : très angoissant et paralysant pour qu’un enfant se construise une vision de la progression de la vie, de l’enfance au monde adulte. Pour qu’il apprenne les obstacles, les longueurs, mais en étant certain d’être capable de les traverser (très bien rendus dans Bambi et le Roi Lion par ex)

* souvent des héros qui n’ont pas de parent, ou qui n’en font aucune référence (ce qui, pour un enfant; est une idée + angoissante qu’un parent qui serait mort), et des héros-enfants qui ont des attitudes d’adultes, des aventures d’adultes. Qui sont souvent opposés à des adultes, représentant « les méchants »

* pour certains des images brutales, violentes, dans leurs couleurs, leurs flashs, leur rapidité de changement : simplement de quoi scotcher l’enfant devant son poste ! Avec des actions de + en + spectaculaires, puisque le seul intérêt du film étant la nouveauté, la surenchère…

« Totally Spies », dessin animé français, exporté sur une chaîne arabe ! (en anglais, avec les sous-titres arabes)

Je ne dirai pas que Bob l’Eponge soit violent, par exemple ! Mais la non-construction des épisodes entre eux me pose problème. Devant les déferlantes de produits dérivés dans les magasins, certains enfants, privés de tous ces dessins animés; peuvent se sentir « à l’écart » de leurs camarades, surtout à des âges sensibles… donc j’ai remédié au problème, même si les miens sont encore petits : j’ai gardé le DVD cadeau Mc Do des 2 épisodes de Bob l’éponge 🙂

***

Certains parents répondront ou penseront que c’est faire beaucoup de cas de peu de choses, que ce n’est pas si grave, qu’eux-même ont été laissés devant la télé petits, et ne sont pas devenus psychopathes…

Je vais répondre que c’est pour moi une attitude lâche d’abandon pur et simple : un enfant est en construction permanente : ses cellules se construisent, son cerveau, son inconscient… Comment pourrait-on le laisser devant un écran sans se préoccuper de ce qu’il regarde ? Et je pense que + ils sont petits, – ils « regardent » : nos petits n’ont pas le recul nécessaire pour regarder en toute conscience un programme, laisser de ce qui ne leur plait pas, et prendre le reste : ils ingèrent, ils entassent à leur insu ce qui passe devant leurs yeux. C’est cela qui est dangereux.

Geneviève Djénati explique bien que les dessins animés, comme les jouets et les histoires, sont nécessaires à leur développement, ils peuvent acquérir de grandes forces à travers les aventures de leurs petits héros, de Tchoupi (que je déteste pourtant), à Kirikou, en passant par Bambi et Simba. Parce que ces héros vivent comme eux, traversent les mêmes épreuves, du premier jour d’école à la mort d’un parent, en passant par une chute dans la rue et des cauchemars ! Que ces petits héros « expérimentent, commettent des erreurs, de ces erreurs qui font franchir des étapes pour progresser » (oui, ces erreurs que l’Ecole prend bien soin de sanctionner… mais c’est un autre débat…)

La télé-usine à l’hôtel : en anglais, sous-titré arabe, et alors ? On est hypnotisés quand même… « Maman, je vais faire pipi, comment on met sur pause ? » dit le ptit gars qui ne regarde jamais la télé… 🙂

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Enfin, un des messages essentiels, qui me paraît évident mais ne l’est pas tant que ça pour tant de parents : « Ce n’est pas le non-dit qui évite les représentations anxiogènes. Les échanges verbaux allègent l’angoisse et la rendent agréable ».

Il reste 2 tabous paradoxaux dans notre société qui se veut si libérale, si productrice d’images : la sexualité et la mort. Des dessins animés choisis par soin par les parents, et dont ils discuteront ensemble, peuvent permettre à nos enfants de dépasser leurs peurs et leurs angoisses de séparation.

Je l’ai bien vu quand j’avais parlé de la mort dans un message, (et la suite), aux réactions enflammées de certaines lectrices : n’est-ce pas notre propre peur de la mort qui peut nous faire empêcher notre enfant de regarder Bambi ?

***

et comme j’ai l’impression d’avoir dit la 1/2 de ce que je voulais dire, je pense que je reviendrai sur le sujet 🙂

Je vois fleurir de + en + de beaux sujets autour de la communication « non violente », notamment avec les enfants.

Une reflexion qui laisse place, non a la permissivite, mais a l’ecoute de chacun, au bon sens, tout en laissant place egalement a la fatigue d’une mere. Parce que oui, on a le droit d’etre a bout.

On a beau etre des mamans pronant le maternage, l’allaitement, les naissances naturelles et/ou des mamans cherchant une meilleure communication, defendant la non-violence, l’ecoute, le respect de ses enfants sous toutes ses formes, on est aussi parfois des mamans fatiguees, lassees, distraites, stressees (ou tout simplement sujette aux dereglements hormonaux menstruels, hum…)

J’ai parfois l’impression d’etre Don Quichotte et de mener un combat contre la Societe. Je suis heureuse depuis qq semaines d’avoir trouve ecoute et discussions en profondeur sur la planete Internet (notamment grace au « Monde des enfants »)

Je ne sais plus sur quel site ou blog j’avais lu ca (desolee), mais c’etait ecrit qu’une des premieres choses a faire en tant que maman desireuse d’apprendre l’ecoute et la communication non-violente est de prendre soi de nous : evitez les faiblesses du genre hypoglycemie (ce qui m’arrive souvent, dans ces cas-la, 0 tolerance, j’ai beau le savoir sur le moment, c’est + fort que moi), syndrome pre-menstruel (je prends un melange de vitamines, ca marche vraiment bien !) etc…

Parfois, ce sont des choses toutes betes qui nous soulagent, nous remettent d’aplomb et nous font voir nos enfants d’un oeil nouveau et stt moins fatigue.

Du boudin thailandais

Et puis, parfois, il y a des attitudes a changer : sur son blog, Fee Poussiere parle d’un repas entre amis et d’une fessee lachee sous le « regard » et la pression inconsciente de tous. Parce que ce regard est parfois trop lourd, parce que parfois, on voudrait faire l’inverse de ce que la societe attend de nous. Parce que, tout simplement, le regard familial (souvent) est si dur ! Si categorique, si prompt a juger !

On voudrait prendre son enfant sur ses genoux, le caliner au lieu de le gronder. On voudrait rire d’une chose qui passe pour une grosse betise aux yeux des autres…

***

J’ai eu une experience de ce genre qui m’a fait revoir mon attitude :

Un jour, j’ai promis aux enfants une glace, apres l’ecole. Nous voila partis. Entre-temps, j’ai propose a une amie, qui a un fils de l’age d’Hanae, de nous rejoindre. Mais j’ai « oublie » de le dire aux enfants… en tout cas je l’ai dis trop tard. Ils etaient super cools jusqu’a ce que la-dite amie arrive avec son fils, et d’autres mamans apres : ils sont alors devenus insupportables, a crier, faire le tigre, effrayer le petit gars (et + il avait peur, + ils continuaient forcement…). J’ai du battre en retraite, en les trainant de force, parce que je ne pouvais ni parler ni les « controler ». J’etais fachee et honteuse d’avoir autant crie apres mes enfants, et d’etre partie comme une voleuse devant tout le monde !!

Je vous joue la scene en 2 fois, selon le point de vue :

La maman « habituelle » : « Je ne comprends pas, je vous offre une glace, et vous etes parfaitement insupportables ! C’est quoi le probleme ? Je ne peux meme pas parler avec les autres mamans ! Je ne vous sortirai plus, c’est ca que vous voulez ? »

Les enfants, et ce qu’on devrait tjs « lire » entre les lignes … : « Maman nous emmene manger une glace tous les 3 apres l’ecole, c’etait super. Mais pourquoi a-t-elle fait venir une autre maman, avec son fils ? On n’etait pas bien tous les 3 ? Du coup, elle s’est mise a parler avec la dame au lieu de continuer a rigoler avec nous. Alors on s’est venges sur le petit garcon qui avait super peur de nous ! Et puis quand les autres mamans sont arrivees, c’etait encore pire : tout le monde parlait, maman ne faisait plus attention a nous a part pour nous dire de nous calmer ! »

Quel fiasco ! Y’a comme un decalage entre ma vision des evenements et celle des enfantsLe probleme c’est qu’un enfant ne vous dira les choses comme cela !! Il n’en a la plupart du temps meme pas conscience ! Il agira pour se faire remarquer

…. A peine partie, mes enfants hurlant sous le bras, je m’en voulais a mort, et j’en voulais a toutes les autres mamans presentes : je devais gronder mes enfants juste « a cause » du regard des autres mamans !

Ce jour la, j’ai compris que je ne referai plus de « cafe-mamans » avec Eliott & Hanae : quel interet pour eux ???

Eliott est tjs le + grand, il s’ennuie, je ne suis pas disponible pour eux alors qu’ils reviennent de l’ecole et ne souhaitent qu’une chose : profiter de ce moment avec moi !

Depuis ce jour, je m’efforce de leur offrir des moments 100% avec eux, notamment a des moments cruciaux comme le retour de l’ecole… Plutot que d‘essayer d’etre 100% du temps avec eux (ce qui est illusoire…)

Du boudin thailandais #2

Je deteste particulierement quand, pendant les courses par ex, qq’un s’approche d’un des enfants qui rale ou pleure, et dit « ouhlala quelle colere ! », ou « Quel caprice ! »….  Sitot la personne sans-gene partie, je glisse aux enfants de ne pas ecouter ce genre de commentaires…

« Caprice », pour moi, c’est vraiment le mot fourre-tout des parents qui n’ont rien compris aux enfants…. C’est tellement facile de les traiter de capricieux sans chercher a comprendre d’ou leur viennent ces comportements !!

Derriere chaque boudin, chaque colere (je n’utilise JAMAIS ce mot comme cela : « Tu ES en colere », oui, mais pas « tu FAIS une colere »…), derriere chaque pleur, il y a un appel, un cri, un besoin… A nous de l’entendre…

Les 4 formes d’autorite

Publié: 13/07/2010 dans Etre parent

Selon Thomas Gordon, tire de ce livre.

Evidemment… je vous le conseille tres fortement !

Parce que 1-il n’est vraiment pas cher, donc pas d’excuse bidon, 2- des les premieres pages, on prend conscience de quelque chose de fondamental…

Je ne vais pas vous faire un resume du bouquin, parce que je ne l’ai pas fini d’abord… et ensuite que je vous laisse le decouvrir. Et puis il y aurait trop a ecrire !

Je prefere cibler sur ce qu’il decrit comme les 4 formes d’autorite, dont nous n’avons pas vraiment conscience, et pour lesquelles nous faisons un joyeux meli-melo :

Les 3 premieres sont de « bonnes autorites », elles sont positives et « influencent » les enfants. La 4eme, est fondee sur la domination. Elle entraine crainte, mefiance, et/ou hostilite ouverte. Et pourtant, c’est celle qu’on nous « conseille » d’utiliser le + en tant que parent !!!


1- L’autorite fondee sur l’experience. Elle est souvent acquise, est globalement positive. (Une que l’on retrouve souvent dans le couple : « j’ai le sens de l’orientation, c’est moi qui conduis », « Je suis super bonne cuisiniere, toi tu ne fais que des pates« , et ce genre de choses… Ok…)

2- L’autorite fondee sur la position. Elle est reconnue et acceptee par tous, du moins tant que les-dites positions ne sont pas « usurpees » (un patron incompetent par ex) (les positions hierarchiques du travail par ex)

3- L’autorite fondee sur des ententes informelles. Elle est basee sur des engagements personnels. « Je prefere le menage, tu fais la vaisselle », « Tu emmene les enfants au cine, moi je fais les courses »…

4- L’autorite fondee sur le pouvoir. Je prends le pouvoir, tu obeis.

Il y a, dans notre societe, une totale confusion entre les differentes sortes d’autorites, fondees sur le pouvoir ou l’experience…

-> Pour les 3 premieres, on va dire que la personne « fait autorite » (alors, on la juge legitime, on l’ecoute, on la respecte, on « obeit » = le resultat est positif et tout le monde est content et profite).

-> Pour la 4eme, la personne est autoritaire (on la craint, on se soumet, ou alors on se rebelle = le resultat est nul, le conflit arrive)

Histoire de prendre du recul avec tous les psychologues, psychanalystes ect… voila une citation d’un psychanalyste pour enfants, de 1980 : « Le regle d’or pour tout parent qui desire demeurer sain d’esprit, c’est d’obtenir et de garder le controle. Il faut dominer un enfant avant de le soutenir et de l’aimer« 

!!! On a fait du chemin depuis !! (enfin…. c’est encore loin d’etre le cas de tout le monde malheureusement…)

Mais quelle difference alors, me direz-vous ? Est-ce que Thomas Gordon n’est pas juste un psychologue de +, a proposer une « autre » theorie sur l’autorite ??

… Peut-etre. Mais apres, la grande difference, vous la sentirez tout seuls, face a vous-meme : on nous demande d’etre autoritaire (les psy, les medias, la societe, la famille…), on nous dit que cette autorite, les enfants la reclament, qu’elle est necessaire, on nous dit que tant qu’on aime nos enfants, elle est « positive ». On nous dit que de toute maniere nos enfants nous aiment inconditionnellement…

Mais alors…. pourquoi y a-t-il toujours, et meme de + en +, de problemes face a l’autorite des parents, des professeurs ? Pourquoi malgre nos cris, nos remontrances, et nos empoignades un peu trop brusques, nos enfants continuent-ils de se comporter exactement de la meme maniere qu’avant ? Pourquoi « manifestent-ils autant de resistance, d’hostilite et d’irrespect pour les adultes qui font usage de cette autorite ? »

Et surtout… pourquoi nous sentons-nous aussi coupables, apres les cris, apres les punitions ? Pourquoi retournons-nous nous excuser (pour ceux qui ont le courage de le faire) ?

Il y a tellement de gens qui considerent que tous ces conflits sont « normaux », qu’il n’y a qu’une voie, celle de la domination des enfants, des cris, des coleres, des « caprices » (JAMAIS je n’utilise ce mot avec mes enfants…), que l’affrontement est inevitable et naturel, pourquoi vouloir trouver un autre chemin ?? Je trouve ca tellement triste de voir ces rapports de force comme « normaux », comme une etape necessaire de la relation parent/enfant…

Je considere que c’est extremement difficile de reussir a vivre avec ses enfants sans jamais leur crier dessus, sans jamais les empoigner par le bras pendant qu’ils se frappent, abiment volontairement quelque chose, ou meme crient eux-meme, sans jamais les menacer d’une punition dont ils n’ont de toute maniere aucune peur.

C’est un long chemin, et le premier pas sur ce chemin, c’est de travailler sur SOI-MEME :

Pourquoi je crie ? Pourquoi je m’enerve plus facilement apres mon fils, ou ma fille ? Pourquoi, alors que j’ai tjs deteste ca quand j’etais enfant, je leur ressors les memes phrases que mes propres parents ? (le traditionnel : « je veux pas savoir qui a commence » par ex...)

Pourquoi est-ce que je sens toute cette colere monter en moi pour un geste malheureux, pour un incident mineur ?

Suis-je vraiment en colere contre mes enfants, ou est-ce que je ne les utilise pas comme une soupape de securite, parce que c’est tellement + facile, face a des etres plus faibles que moi ?

***

Je pense que ce sont les vraies questions que l’on doit tous se poser en tant que parent…

***

Il n’y a que grace a ce questionnement, je pense, que nous apprendrons a decharger nos enfants de nos propres problemes, et pourrons les regarder avec des yeux vides de toute rancoeur, de toute colere inappropriees.

Il n’y a aussi que grace a ce questionnement incessant, que nous pourrons les regarder partir, tracer leur propre chemin, avec une vraie Liberte.

***

Je finis sur une autre idee tiree du livre :

Les parents et les professeurs autoritaires dominent et commandent. Les parents permissifs laisser les enfants dominer et commander. Mais il y a une 3eme voie ! Ca n’est pas blanc ou noir…

La 3eme voie, c’est de modifier notre perception des enfants, et donc notre facon de les traiter.

Les methodes instructives, influencent l’enfant. Ils reduisent leur tendance naturelle a resister aux changements, grace a cela, les enfants apprennent a modifier eux-memes leur comportement, et respectent les regles qui ont ete conclues en discussion avec l’adulte.

Parce qu’ils ont ete ecoutes, respectes. Parce qu’on les a pris en compte, et qu’on n’a pas decide pour eux en les ignorant, juste parce qu’ils sont « petits », juste parce que ce sont des « enfants »…

Impregnation

Publié: 10/07/2010 dans Etre parent

Petit extrait d’un livre que je viens de recevoir (merci Mr Amazon, mais tu pourrais baisser tes tarifs d’envoi a l’etranger, c’est un peu d’l’abus) :

« L’impregnation est un phenomene educatif dont on se rend assez peu compte. On a l’impression que c’est ce que nous disons a nos enfants qui les eduque. C’est vrai, pour partie. Une autre forme d’education compte pourtant tout autant, voire + : ce que l’on fait. Meme quand on ne le sait pas, quand on ne le veut pas.

L’enfant est une eponge qui absorbe le bon et le moins bon, sans distinction. Et c’est bien ainsi. Car notre enfant est avant tout un « petit d’homme » comme l’exprimait Kipling (Le Livre de la Jungle).

Un petit etre humain en devenir est par definition imperfection et absolu. Ce sont ces deux dimensions qu’il faut savoir accompagner chez l’enfant, mais egalement dans le meme temps chez nous, les parents.

Alors n’hesitez pas a etre ce que vous etes, pleinement, entierement, mais en premier lieu regardez honnetement en vous et avouez-vous ce que vous n’aimeriez pas voir chez votre progeniture.
Prenez-le comme un exercice personnel d’introspection et surtout pas comme une autoflagellation improductive.

Il ne s’agit pas non plus d’analyser les defauts a la loupe …de l’autre parent ! Laissons a chacun la charge de se regarder un peu vivre pour mieux se connaitre. Et si le couple est suffisamment fort et ouvert, on peut ensuite soumettre a l’autre le fruit de ses propres pensees et lui demander son avis.

?? Si le couple est fort et ouvert ? Mais c’est quoi alors un couple « non-ouvert » ? Il existe des couples ou on ne peut pas parler a l’autre de soi, de ses reflexions sur soi ? Je pose la question mais en meme temps j’ai la reponse… D’ailleurs, je vous conseille le livre de Serge Hefez, « La danse du couple », que je lis en parallele 🙂

Il est toujours fructueux pour l’enfant de nouer un dialogue honnete et souvent renouvele avec le couple parental. Apres s’etre regarde soi-meme, on sait de quelle maniere on influence son enfant, meme sans le vouloir, et on est deja un peu + conscient des multiples dimensions qui president a son education et qui depassent largement notre simple volonte.

C’est cela, l’impregnation.

Et c’est cette impregnation qui offrira a l’etre humain en devenir que nous aimons tant de tres nombreuses ressources dont il aura besoin plus tard.

Le chemin de la connaissance de soi est bien long, il prend toute une vie, et il est parseme d’etapes, comme une sorte de « quete adaptative liee a l’age » (Rene Barbier).

Neanmoins je ne pense pas qu’il soit necessaire d’aller aussi loin dans la recherche de soi pour prendre conscience de ses defauts, de ses qualites, et surtout de ce qui nous fait reellement agir comme nous le faisons, (trop) souvent sans comprendre pourquoi… et offrir ainsi a ses enfants un parent qui ne navigue plus en aveugle, au gre de ses mecanismes inconscients.

Je ne dis pas non plus que les psychotherapies/psychanalyses devraient etre obligatoires (mais je le pense 😉 un oeil exterieur et neutre -et professionnel- est bien souvent d’un immense secours), mais je suis souvent peinee et je me sens terriblement frustree quand je vois les gens autour de moi se debattre avec des demons qu’ils continuent pourtant a enfouir bien profondement.

Nous en avons tous, des demons, des blessures, des fardeaux, qu’ils nous appartiennent ou non (les fameux colis empoisonnes, transmis de generation en generation…). Ils nous pesent, + ou – lourdement, ils nous handicapent, ils nous freinent, ils nous font prendre des decisions a l’encontre de notre bien-etre et nous manipulent comme des marionnettes. Ils nous font aussi agir face a notre enfant contre notre gre, nous poussent dans des reactions qui nous culpabilisent souvent apres-coup. Ils peuvent etre mineurs, mais pour autant, Bien ou Mal, qui peut dire etre pleinement conscient de tout ce qu’il transmet a ses enfants ?

Pourquoi ne pas ouvrir les yeux ? Pour nous-memes. Mais aussi pour nos enfants.

L’interet n’etant pas de tomber dans l’illusion de ne transmettre que des bonnes choses a ses enfants… Ce n’est ni possible, ni souhaitable; encore une fois, qui voudrait d’un parent parfait ??

Mais accepter de regarder en face son agressivite, sa rancoeur, sa rigidite, sa peur, c’est s’ouvrir a soi et a ses enfants.

Handicap #2

Publié: 01/07/2010 dans Etre parent

J’ai ete super gentiment invitee par Sand a participe a ce blog dont j’avais fait la promotion, Le monde des enfants, et mon premier message a traite du handicap des enfants, a travers la main d’Hanae. Vous pouvez donc aller jeter un coup d’oeil, les commentaires qui ont suivi sont tres riches et tres interessants !

clic !

Et vous pouvez, bien evidemment, participer aux commentaires !

Et les papas dans tout ca ?

Publié: 29/06/2010 dans Etre parent

Apres Elisabeth Badinter et son combat totalement anachronique (violence conjugale ? inegalite des salaires ? non, le vrai combat pour etre une femme moderne, c’est « a bas l’allaitement, on n’est pas des vaches a lait » -) (j’ai bien resume l’idee ?), voici Eric Zemmour et « comment etre un pere moderne »

Comment etre un pere moderne ? Ben c’est facile, c’est dans le titre « Etre un pere, c’est etre la Loi, avec un L majuscule »… Hum hum… comme un relan des annees 40/50 ?

La presentation nous donne trop envie de continuer… (dans son livre « Le premier sexe », paru en 2006) « Il déplore avec virulence la féminisation à outrance des hommes. Eric Zemmour est pour les hommes, les vrais, mais pas pour autant contre les femmes, comme nous l’allons découvrir. Il nous livre sa conception de la virilité paternelle »

« Pour les hommes, les vrais, mais pas pour autant contre les femmes » ?? moui, moui… continuons la lecture

Extraits choisis…

C’est la paternité qui m’a ramené à la virilité et pas l’inverse.

Clairement, tant qu’ils ne parlent pas, les enfants ne m’intéressent guère. Ce qui est le cas de la majorité des hommes. Ah bon ? Mais depuis 30 ans, les hommes n’osent plus le dire. Double ah bon ? Ils se forcent à s’intéresser aux bébés. Moi, je le dis : plus les enfants grandissent et plus ils m’intéressent. En fait, dès qu’ils parlent. D’ailleurs, ça me paraît normal puisque dans tout ce que je lis, le rapport au père, c’est le langage. Avant, je n’ai pas de rapport avec les enfants.

Ouch… Ca commence bien, hein ?

(je mets des photos d’un « bon » papa, un -comme tant d’autres heureusement- qui ne pense pas a « etre la loi », mais plutot a aimer ses enfants)

CM : Un bon père, c’est qui pour vous ?
Eric Zemmour : Un père, c’est la loi avec un L majuscule, le monde extérieur et le langage. C’est l’homme qui sépare l’enfant de sa mère. Je n’invente rien, je n’ai pas l’impression d’inventer la lune.

CM : Tous les hommes sont-ils aptes à devenir pères ?

Eric Zemmour : Ah non, aucun. Je vais être direct. Je pense qu’aucun homme n’est pas fait pour être père. Un homme est fait pour avoir un rapport avec une femme et se sauver. L’homme est par nature irresponsable.
C’est la société qui lui apprend qu’il doit être responsable.

La prétendue libération de la femme et le divorce de masse ont libéré aussi les hommes. Combien d’hommes, d’ailleurs, s’occupent de leurs enfants après un divorce ? Une minorité, soyons honnêtes. Quant aux femmes, je crois que leur fantasme, c’est avoir un homme comme géniteur et ensuite retrouver la fusion avec l’enfant. Je veux dire par là que les femmes sont obligées de faire un effort sur elles-mêmes pour accepter un tiers entre elles et l’enfant.

D’ailleurs, le boulot du mari et du père est de les forcer à accepter ça. Ce n’est pas un reproche à leur faire, elles sont fabriquées comme ça. Et d’ailleurs, aujourd’hui, comme c’est un boulot terrible de les séparer de leurs enfants, la plupart des hommes laissent tomber sous couvert du respect de la liberté de la femme. C’est dommage que les hommes aient renoncé à s’imposer, aient choisi la facilité.

…. Que celle qui ne vient pas d’hurler en s’arrachant un cheveu me jette la pierre.

CM : Pour vous, quel est le modèle de la mère idéale ?
Eric Zemmour : L’amour d’une mère, sans conditions, c’est ça qui donne une chance à l’enfant d’avoir confiance en lui. Vous voyez, c’est juste de l’amour. Je ne leur en demande pas beaucoup !

Ah merci, c’est sympa parce que je commencais a m’inquieter sur ce qu’il allait penser de moi..

CM : Vous occupez-vous beaucoup de vos enfants ?
Eric Zemmour : Je m’impose de m’en occuper tous les samedis. Au programme, travail le samedi matin et tennis le samedi après-midi.

Je me refuse a commenter cette phrase… Ou alors juste un petit peu, parce que j’aime infiniment la facon qu’il a de s’occuper (si peu) de ses enfants : travail, et tennis obligatoire. Mazette.

M : Quelle image pensez-vous que vos enfants ont de vous ?
Eric Zemmour : Question très simple parce qu’ils le disent. Pour eux, je suis celui qui écrit des livres dont les copains parlent, celui qui exige d’eux un travail et un comportement irréprochable à l’école, celui qui leur fait des cours d’histoire en permanence et qui leur fait écouter des chansons de Jacques Brel le samedi quand il les emmène au tennis ! Je leur raconte Napoléon, je les dispute quand ils travaillent mal à l’école et leurs copains leur disent « j’ai vu ton père à la télé ».

« Je les dispute quand ils travaillent mal a l’ecole… »…. vive les annees 50

CM : Avez-vous un reproche à vous faire en tant que père ?
Eric Zemmour : Parfois je me dis que je suis trop exigeant avec eux. Le plus souvent je me dis que j’ai raison de l’être parce qu’ils sont intelligents et que c’est une preuve que je les respecte (je pleure, la….) et parfois je me dis que je suis quand même très exigeant avec eux. Ma femme s’étonne que je m’en occupe autant (pour les deux grands maintenant) et en même temps, elle trouve que je suis dur. Mais au fond, je trouve que ce sont les autres qui ne sont pas assez exigeants. Par exemple, j’interdis les Gameboy©. Je n’en achète pas, j’interdis ça et je ne veux pas leur en acheter.

Que celle a qui il reste des cheveux leve la main

CM : Mais les enfants n’ont-ils pas besoin de vivre avec leur époque ?
Eric Zemmour : Si mais leur époque est d’une grande médiocrité… Ils seront décalés, et alors, ce n’est pas plus mal !

Et la seule facon de ne pas les rendre aussi mediocres que la societe dans laquelle ils evoluent, c’est donc de les elever a la baguette ???

C’est tellement facile de se justifier d’etre strict, severe, au nom du pretendu « bien-etre » de l’enfant… ou au nom de son intelligence, je ne l’avais jamais entendue celle-la !!!

Il avoue avoir ete un enfant maltraite par son pere, s’etre rebelle, avoir ete tres dur, mais par contre, ca ne lui pose pas de probleme d’etre extremement severe avec ses enfants, et leur interdir de s’amuser comme leurs copains…

M : Vous étiez comment, vous, enfant ?
Eric Zemmour : Très dur, insolent, très rebelle, voulant toujours avoir le dernier mot. J’avais un vrai père à l’ancienne, très dur, jamais là. Il me tapait pour s’en sortir avec moi mais comme il n’était pas beaucoup là, ça tombait rarement !

…. Ca ne lui vient pas a l’idee qu’il n’a pas + de legitimite que son pere d’etre dur ?? J’aimerais bien savoir ce que devient un enfant qui entend son pere (en public, dans les medias, c’est encore pire !) declarer qu’il ne s’est pas interesse a eux avant qu’ils sachent parler, qu’il s’impose de s’occuper d’eux et que c’est la societe qui le force a rester a sa place de mari et de pere !!!!

Alors que dire des peres qui, en + d’etre restes pendant la grossesse ET l’accouchement (bravo messieurs), restent en cas de handicap, de grave maladie de l’enfant, de malformations du bebe ?

***

La meilleure facon de « decaler » un enfant de cette societe si mal concue, basee sur le profit et la competition, n’est-ce pas justement d’en faire des enfants surs d’eux, de leur valeur, de leurs interets, surs d’etres aimes pour ce qu’ils sont et non pour leurs notes, + altruistes, conscients d’eux-memes et en accord avec leur etre profond ?

Finalement, le seul truc sur lequel je n’ai pas envie de lui en coller une, c’est qu’il casse Elisabeth Badinter…

.Madame Badinter croit le contraire mais elle a focalisé sur son étude du 18ème siècle qui est pour moi le siècle le plus décadent. Les femmes, dans l’aristocratie du 18ème siècle, ne s’occupaient pas de leurs enfants mais on sait à quoi ça a mené… à la guillotine ! (…) Et les femmes qui disent aujourd’hui que l’instinct maternel, la fusion avec l’enfant n’est pas si évidente, je me demande, je n’affirme pas, si elles ne sont pas travaillées par l’idéologie féministe qui leur dit que ça n’est pas naturel.

Allez, pour finir avec Eliott sur une parodie de Mr Zemmour :